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Étude : le vélo n’est pas mauvais pour les parties génitales masculines

| · 7 min de lecture

Une étude récente suggère qu’en tant qu’homme, tu n’as pas à t’inquiéter pour tes parties intimes si tu fais souvent du vélo. Ce ne serait donc plus une excuse pour éviter le vélo.

« Troisième testicule du cycliste »

Je déteste faire du vélo. Je préfère dix fois marcher un peu plus longtemps. Trop loin pour marcher ? Alors je prends mon vélo à 4 cylindres de 600 cc. Celui-là a au moins une selle respectueuse des hommes (et il est un peu plus rapide). Ce ne sont donc pas vraiment les deux roues qui me donnent une aversion, ni l’activité physique. C’est surtout cette fichue selle que je déteste. Cette selle qui semble conçue pour rendre les hommes infertiles. Les vélos plus sportifs, surtout, semblent dessinés par un sadomasochiste. Si tu veux une selle un peu confortable, il faut surtout regarder du côté des vélos de grand-mère et des vélos dames.

Ne me comprends pas mal : en tant qu’instructeur fitness ou coach, je recommanderais plus facilement le vélo que la course à pied, en raison de son faible impact sur les articulations. Mais à titre personnel, ces avantages ne compensent pas le fort impact sur la source de ma virilité.

Cette « haine de la selle » n’est pas totalement injustifiée. En plus du signal clair de mécontentement que je reçois personnellement de mes parties intimes, des études indépendantes ont aussi montré un lien négatif entre le vélo et la fonction érectile, la fonction sexuelle/l’impuissance et la fonction urinaire [3,4]. Ce n’est donc pas seulement de l’inconfort, mais même un risque potentiel pour la santé, même si les cas graves semblent surtout concerner les cyclistes de longue distance. Dans ce groupe, selon une étude de 2005, l’engourdissement des organes génitaux était la plainte la plus fréquente, immédiatement suivie de la dysfonction érectile [5]. Parmi les plaintes moins souvent signalées figurait étonnamment aussi le priapisme, une érection prolongée qui ne disparaît pas malgré l’absence d’excitation sexuelle. D’autres plaintes plus rares étaient notamment la thrombose du pénis, l’infertilité, le sang dans les urines, la torsion du cordon spermatique et l’inflammation de la prostate. Brrrrrr...

À Leidschendam, des chercheurs ont écrit en 2005 un article à propos d’un cycliste arrivé avec une formation de bosse au niveau du périnée [6]. Il s’est avéré qu’il s’agissait d’une (pseudo)tumeur qui devait être retirée chirurgicalement. Cette formation de bosse semble si fréquente chez les cyclistes professionnels que le terme « troisième testicule du cycliste » a été utilisé pour ce phénomène [7].

En tout cas, suffisamment de matière pour que les médias publient des articles sensationnalistes sur les dangers du vélo [8].

Le vélo n’est pas dangereux pour tes parties intimes ?

D’autres études menées chez des cyclistes récréatifs n’ont toutefois montré aucun lien, ce qui laisse donc l’influence exacte chez les cyclistes moins fanatiques encore incertaine [2].

Selon une étude récemment publiée dans The Journal of Urology®, le vélo récréatif comme le cyclisme intensif n’auraient pas d’impact négatif sur la fonction sexuelle et la fonction urinaire [1]. L’étude se distinguerait surtout des recherches précédentes par son ampleur.

Il s’agit de la plus grande étude comparative à ce jour, explorant les associations entre le cyclisme, les caractéristiques du vélo et de la route, et les fonctions sexuelles et urinaires à l’aide de questionnaires validés.

Benjamin Breyer, Department of Urology, University of California-San Francisco.

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Les chercheurs pensent que leurs résultats peuvent encourager davantage les gens à faire du vélo.

Nous pensons que les résultats seront encourageants pour les cyclistes. Le vélo offre d’énormes bénéfices cardiovasculaires et a un faible impact sur les articulations. Nous pensons que les bénéfices pour la santé dont profitent les cyclistes qui roulent prudemment l’emporteront largement sur les risques pour la santé.

Comme indiqué, des études précédentes étaient arrivées à d’autres conclusions. La pression continue sur le périnée et les microtraumatismes pendant le cyclisme auraient, selon ces études, des effets nocifs. Selon les chercheurs de l’University of California-San Francisco, ces études antérieures présentaient surtout des limites en termes d’ampleur et de conception. Il manquerait par exemple des groupes témoins et des mesures validées.

L’étude de l’University of California-San Francisco a travaillé avec trois groupes d’athlètes : 2 774 cyclistes, 539 nageurs et 789 coureurs. Tous les participants ont rempli des questionnaires validés, dont le Sexual Health Inventory for Men (SHIM), l’International Prostate Symptom Score (I-PSS) et le National Institutes of Health Chronic Prostatitis Symptom Index (NIH-CPSI). Des questions ont aussi été posées sur les infections urinaires, les douleurs de selle et l’engourdissement des organes génitaux.

En plus de la comparaison entre sports avec et sans pression sur le périnée, les chercheurs ont aussi examiné différentes conditions de pratique du vélo. Pense à la composition du vélo lui-même, à l’intensité de la pratique et à l’état de la route. Pour cela, les cyclistes ont été interrogés sur leur vélo, le type de selle, l’angle de la selle, la fréquence à laquelle ils portaient un rembourrage protecteur dans le cuissard, ainsi que la fréquence et la durée passées debout sur les pédales.

Les cyclistes ont été répartis en groupes selon l’intensité :

  • Haute intensité : plus de deux ans de pratique, plus de trois fois par semaine, plus de 40 km par jour en moyenne
  • Basse intensité : ne répond à aucun des critères ci-dessus

Résultats de l’étude

Dans l’ensemble, la santé sexuelle et urinaire était comparable entre les coureurs, les nageurs et les cyclistes. Fait remarquable, les cyclistes du groupe « haute intensité » obtenaient de meilleurs scores de fonction érectile que les cyclistes du groupe « basse intensité ». L’état du vélo, tout comme l’état de la route, n’avait pas d’influence. En revanche, un guidon réglé plus bas que la selle augmentait le risque de douleur de selle et d’engourdissement des organes génitaux. Être debout sur les pédales plus de 20 % du temps réduisait l’engourdissement des organes génitaux.

Pour ce qui est des données importantes, la fonction sexuelle et l’état des voies urinaires, le vélo ne semble donc pas très nocif selon cette étude. L’engourdissement et les douleurs de selle me suffisent toutefois déjà comme raisons de continuer tranquillement à marcher. Je n’ai pas besoin d’autres excuses.

Références :

  1. Mohannad A. Awad, Thomas W. Gaither, Gregory P. Murphy, Thanabhudee Chumnarnsongkhroh, Ian Metzler, Thomas Sanford, Siobhan Sutcliffe, Michael L. Eisenberg, Peter R. Carroll, E. Charles Osterberg, Benjamin N. Breyer. Cycling, and Male Sexual and Urinary Function: Results from a Large, Multinational, Cross-Sectional Study. The Journal of Urology, 2017;
  2. https://www.auajournals.org/doi/10.1016/j.juro.2017.10.017
  3. Baek S, Lee SY, Kim JM, Shin E, Kam S, Jung HC. Bicycle Riding: Impact on Lower Urinary Tract Symptoms and Erectile Function in Healthy Men. International Neurourology Journal. 2011;15(2):97-101. doi:10.5213/inj.2011.15.2.97.
  4. Nontraumatic injuries in amateur long distance bicyclists. Weiss BD Am J Sports Med. 1985 May-Jun; 13(3):187-92.
  5. Impotence and nerve entrapment in long distance amateur cyclists. Andersen KV, Bovim G Acta Neurol Scand. 1997 Apr; 95(4):233-40.
  6. The vicious cycling: bicycling related urogenital disorders. Leibovitch I, Mor Y Eur Urol. 2005 Mar; 47(3):277-86; discussion 286-7.
  7. Asselbergs CP, Loeff JW, de Jongh GJ, de Winter TC. [Perineal nodular induration]. Ned Tijdschr Geneeskd. 2009;153:A58. Dutch. PubMed PMID: 19818180.
  8. de Saint Aubain Somerhausen N, Geurde B, Couvreur Y. Perineal nodular induration: the 'third testicle of the cyclist', an under- recognized pseudotumour. Histopathology. 2003 Jun;42(6):615-6. PubMed PMID: 12786900.
  9. http://www.dailymail.co.uk/health/article-364433/Cycling-em-em-make-impotent.html

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