Il y a deux mois, j'ai réalisé un shooting photo fitness avec Rozanne Morsink. Je l'ai interrogée sur ses premières expériences sur la scène fitness et sur le chemin qui l'y a menée.
Age ain't nothing but a number of workouts
La propriété la plus puissante du fitness et du bodybuilding, c'est de prendre le contrôle de son propre corps. C'est du moins ce que je pense. Tant de choses dans la vie peuvent se dérouler autrement que vous le voudriez. Mais lorsqu'il s'agit de l'apparence de votre corps, le fitness et le bodybuilding offrent les moyens d'avoir au moins le dernier mot.
C'est aussi ce que j'aime tant dans la photographie fitness. Le fait que mes modèles aient eux-mêmes créé le résultat et que le travail acharné soit plus important que les gènes ou l'âge. Le fait que deux de mes photos préférées de 2017 soient celles d'un modèle de 47 ans en est un bel exemple.
Rozanne Morsink
Cela ne fait en réalité que 4 ans que je me suis mise sérieusement au fitness. J'ai toujours été sportive. Dans mes jeunes années, je faisais de la natation et du water-polo, puis dans la vingtaine cela a laissé place à l'athlétisme. Surtout beaucoup de course à pied. Je participais aussi à des courses de 5 km jusqu'à des marathons complets. Je faisais toujours de la musculation en complément, autrefois pour la natation et plus tard pour la course à pied.
Après mon dernier marathon, j'en avais un peu assez de ces longues sorties d'endurance et j'ai aussi remarqué qu'il ne restait plus grand-chose de moi, tant j'étais maigre. J'ai décidé que cela devait changer et j'ai remplacé quelques entraînements de course par de la musculation. Au fil du temps, j'ai bien compris que je devais approfondir davantage mon alimentation. Je restais en effet très mince. Je mangeais beaucoup, mais pas les bonnes choses. J'ai alors cherché un accompagnement et, à partir de là, tout a changé. J'ai enfin pris un peu de masse musculaire avec un régime de 3000 kcal. Je continuais à courir, mais pas plus de 40 min 2x par semaine.
Jamais trop tard pour la scène
Mon intention était de prendre une petite année pour construire, mais je ne pensais pas à la scène. Je pensais que c'était pour des femmes plus jeunes, j'avais alors 43 ans.
L'accompagnement que j'avais à l'époque m'a alors poussée à faire tout de même une petite compétition pour voir si cela me plaisait. Il y avait d'autres femmes de plus de 40 ans, donc c'était sympa d'essayer. Je n'avais pas vraiment eu de vraie préparation, je crois 3 semaines. Avec le recul, ce n'était pas ma meilleure forme, mais c'était pour acquérir de l'expérience.
J'ai terminé 1re et je me suis dit que j'allais quand même faire une compétition à l'IFBB (International Federation of Bodybuilding and Fitness). Je trouvais que je devais travailler sérieusement pour cela, j'ai donc pris 12 semaines pour manger selon un programme précis. Je ne savais pas comment mon corps réagirait, mais la graisse fondait, donc j'ai dû manger davantage pour ne pas arriver trop sèche sur scène. Douze semaines de préparation, c'est donc vraiment trop long pour moi, mais on ne le sait pas à l'avance. J'ai terminé 1re à l'Atlascup et j'ai ensuite fait l'Iron Ma,n Iron Maiden, où j'ai terminé 2e. Le délai entre les compétitions était de 3 semaines et je n'arrivais tout simplement pas à garder le volume. Je ne me trouvais plus vraiment belle à cette compétition non plus, mais bon, cela fait aussi partie de l'apprentissage.
Ensuite, j'ai décidé de construire pour faire le Juliette Bergmann Gran Prix l'année suivante. Avec un bon accompagnement, je me suis entraînée et j'ai mangé pendant un an. Le week-end, je desserrais un peu les rênes, mais du lundi au vendredi j'étais stricte avec mon alimentation. Aussi pour absorber assez de calories, car mon métabolisme est très élevé.
"Qui persévère gagne"
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Je sèche plus facilement que je ne construis de masse musculaire, mais je me dis : "Qui persévère gagne". Ma dernière prépa n'a donc pas été très lourde, puisque j'étais en fait déjà prête au bout de 4/5 semaines. Il fallait maintenant réussir à conserver cette forme, et c'était assez difficile.
Ce sport exige vraiment le maximum de soi-même au niveau compétition, mais j'aime ça. Devoir quand même suivre une certaine alimentation peut être assez difficile, surtout dans la vie sociale. Juste avant une compétition, je ne cherche tout simplement plus la convivialité. Pas de dîners, etc., c'est bien clair pour moi. Je trouve que c'est un sport super sympa et parfois je regrette de ne pas m'y être mise sérieusement 10 ans plus tôt. Pour l'instant, je le fais simplement parce que cela me plaît.
Mon rêve est quand même de faire un jour une compétition aux États-Unis, dans ma propre catégorie d'âge. Quoi qu'on en dise, une femme de 47 ans a tout de même une apparence différente d'une femme de 35 ans. Cela ne m'empêche pas de concourir maintenant dans la catégorie 35+, mais je pense que ce serait assez chouette d'être à côté de femmes de mon âge. Aux États-Unis, il existe plusieurs catégories pour cela et des participantes dans cette tranche d'âge.
Exercices préférés
Épaules et dos
Je m'entraîne actuellement 5 fois par semaine en salle de musculation et je fais 3 séances de cardio, dont 1 sortie de course à pied et 2 fois une demi-heure au choix sur le tapis de course ou le stepper. Comme alternative, je fais un entraînement plyo.
C'est une autre façon pour moi de structurer le cardio, à titre d'essai, puisque l'année dernière je ne faisais que courir pour le cardio.
Ma plus grande motivation
Faire encore une compétition et, avec un peu de chance, en Amérique.
Mon régime alimentaire
Je suis maintenant de nouveau en phase de prise de masse, mon poids doit remonter un peu. Je mange toujours 6x par jour, aussi en préparation de compétition. En fait, en préparation de compétition, je mange la même chose que maintenant, sauf que j'augmente actuellement mes glucides et mes graisses pour obtenir plus de calories.
Le week-end, je ne suis pas si stricte, je mange simplement avec ma famille. Ou ce dont j'ai envie, donc aussi du gâteau ou des frites.
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