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Étude : "La discrimination liée au poids par les médecins entraîne des risques dans les soins"

| · 5 min de lecture

Le "sizeisme", la discrimination fondée sur le poids. Une revue de recherches récentes montre qu'il apparaît régulièrement dans le secteur médical et met ainsi en danger la qualité des soins. 

Fat shaming

Que le "fat shaming" augmente avec l'essor des réseaux sociaux et le nombre croissant de personnes en surpoids ne surprendra peut-être pas. Qu'il puisse avoir un effet négatif sur la santé physique et mentale, probablement pas non plus. En revanche, je ne savais pas personnellement que la discrimination fondée sur le poids pouvait influencer la qualité des soins.

Je ne parle pas ici d'interventions médicales qui ne peuvent pas être réalisées à cause du surpoids. Il s'agit alors d'une évaluation médicale selon laquelle le surpoids augmenterait les risques de complications pendant l'intervention, la rendant irresponsable. Il est plutôt question des préjugés de médecins et d'autres professionnels de santé qui conduisent à de mauvais diagnostics et/ou à de mauvaises doses de médicaments. Les médecins désigneraient régulièrement le surpoids comme cause automatique de certains symptômes, sans chercher plus loin d'autres causes possibles. Il arrive aussi que les doses prescrites aux personnes en surpoids soient trop faibles.

Ce sont du moins les observations de chercheurs de la Washington University concernant les soignants dans les hôpitaux américains [1]. Pour cela, ils ont réalisé une revue de recherches récentes et ont présenté leur travail la semaine dernière lors du congrès annuel de l'American Psychological Association. Ils ont mené cette revue afin de dresser un panorama des différentes conséquences du fat shaming dans le secteur médical.

"Commencez donc par perdre du poids"

Dans l'une des études intégrées à la revue, 300 rapports d'autopsie ont été examinés. Il en ressort que les patients en surpoids avaient 1,65 fois plus souvent une affection médicale qui n'avait pas été diagnostiquée.

"La graisse est vue comme une maladie et la perte de poids comme le remède". Selon les chercheurs de Washington University, ce serait la représentation médicale dominante. Elle est liée à l'hypothèse selon laquelle le poids est sous le contrôle du patient et causé par de mauvaises habitudes alimentaires. Commencer à perdre du poids améliorerait la santé.

Cela pourrait conduire à ne pas réaliser les bons examens et à poser de mauvais diagnostics. Les chercheurs qualifient ces traitements différents pour des patients présentant les mêmes symptômes de non éthiques et de forme de faute médicale. Leurs résultats montrent que les médecins conseillent régulièrement de perdre du poids au lieu de proposer un scanner, une analyse de sang ou de la kinésithérapie.

Mauvais dosage

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Dans de nombreuses études sur l'efficacité, la sécurité et les bons dosages des médicaments, les personnes en surpoids sont régulièrement exclues comme sujets d'étude, car elles seraient considérées comme non représentatives. Il arrive donc souvent que des patients en surpoids se voient prescrire une dose trop faible de médicament. On imagine les implications, par exemple avec les antibiotiques et la chimiothérapie.

Dans l'une des études, les chercheurs ont examiné les admissions aux urgences et l'administration d'une première dose d'antibiotiques. 1.910 premières doses de trois antibiotiques différents ont été comparées aux recommandations. Dans les trois cas, chez les personnes en surpoids, le dosage correspondait aux recommandations dans moins de 10% des cas (dans l'étude, il s'agissait de personnes pesant plus de 100 kilos avec un IMC supérieur à 40).

"Docteur brute"

Les chercheurs mettent aussi en garde contre l'effet dissuasif du "medical fat shaming" sur les personnes en surpoids. Cela peut les amener à éviter ou retarder volontairement le contact avec les soignants par peur d'être traitées sans respect.

Ils pointent des études montrant que la désapprobation implicite des soignants peut également provoquer un stress important chez les patients. Par exemple un petit hochement de tête désapprobateur au moment de noter le poids, comme "forme de micro-agression". Le fat shaming ne fonctionnerait toutefois pas comme motivation. Selon les recherches, il nuirait au contraire à la santé mentale et donc physique.

Oui, non, peut-être

L'ironie, c'est que l'image que j'ai choisie pour cet article a été trouvée dans un article au ton assez différent. Un article publié à la suite d'une étude montrant que les personnes en surpoids ne relient souvent pas leur poids à leur santé [2]. Une étude de 2011 dans laquelle un peu plus de la moitié des patients obèses interrogés ne considéraient pas leur poids comme un problème de santé. Seul un tiers aurait été alerté par le médecin sur le surpoids et les risques possibles. Le surpoids recevrait donc au contraire trop peu d'attention.

Alors, trop d'attention portée au surpoids par le médecin, ou justement trop peu ? Je pense peut-être qu'il s'agit surtout de la mauvaise attention au mauvais moment. Parler du surpoids est évidemment très bien, lorsque le surpoids est réellement le sujet.

Références

  • apa.org/news/press/releases/2017/08/fat-shaming.aspx

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