« Un nouveau fat burner prometteur a été développé »
Eh oui, en voilà encore un. Une énième nouvelle promesse. Un nouveau médicament qui agit sélectivement pour augmenter le métabolisme d’une cellule graisseuse. Un fat burner, donc.
Nouveau fat burner
La raison de ce sarcasme, c’est que je me suis récemment encore un peu « plaint » du manque apparent de véritables progrès en pratique concernant les fat burners, ou pilules minceur. Comme je décris au moins une fois par mois ce type de découvertes, je me demandais où pouvait bien rester la pilule minceur parfaite.
Mais bon, pour l’instant, il faut accepter que le chemin entre la première découverte et une utilisation approuvée, sûre et efficace chez l’humain est long. C’est dans ce contexte que nous devons aussi regarder les résultats de l’University of Texas. Ne saute donc pas immédiatement de ta chaise en euphorie pour engloutir ensuite une douzaine de muffins sans culpabilité.
Les chercheurs texans décrivent dans une publication de Biochemical Pharmacology un nouveau médicament qui réduit le poids corporel et le cholestérol chez des souris, sans que ces souris mangent moins.
Stanley Watowich de l’University of Texas explique :
Lorsque les cellules graisseuses grossissent, elles commencent à surproduire un type d’enzyme (nicotinamide-N-méthyltransférase, ou NNMT) qui agit comme un frein sur le métabolisme d’une cellule graisseuse. Il devient alors plus difficile pour ces cellules de brûler la graisse stockée. De plus, la croissance du tissu adipeux s’accompagne d’une libération plus élevée d’hormones et de signaux favorisant l’inflammation, ce qui peut mener à diverses affections chroniques comme le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires.
(Ce dernier point semble d’ailleurs très actuel, vu l’étude sur les cellules graisseuses endommagées que je décrivais encore hier.)
Les chercheurs ont découvert une molécule qui bloque l’action de cette protéine dans les cellules graisseuses blanches (les cellules dont la fonction est de stocker l’énergie). En bloquant ce « frein métabolique », les chercheurs ont pu augmenter la combustion dans les cellules graisseuses blanches.
Dans l’étude, des souris ont reçu une alimentation riche en graisses jusqu’à devenir obèses. Ensuite, elles ont reçu le médicament ou un placebo. Comme indiqué, j’ai déjà décrit ce genre d’études d’innombrables fois. C’est peut-être pour cela que le fait qu’un effet placebo puisse aussi se produire chez les souris et les rats me semble presque l’élément le plus intéressant [2,3].
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Résultats du nouveau fat burner
Ou plutôt : « Fat burn brake blocker », mais cela se vendra moins bien. Après dix jours de traitement avec le nouveau médicament (ou le placebo), les chercheurs ont vu que les souris ayant reçu le médicament perdaient plus de sept pour cent de leur poids corporel. Leur masse grasse et la taille de leurs cellules graisseuses diminuaient de 30 % par rapport au groupe placebo. Le cholestérol descendait à un niveau normal et devenait donc comparable à celui de souris non obèses.
Pendant ces dix jours, l’alimentation était toujours riche en graisses. Les souris continuaient aussi à manger autant dans les deux cas. La diminution de la masse grasse et du poids n’était donc pas causée par une suppression de l’appétit. Les souris du groupe placebo continuaient d’ailleurs à accumuler plus de graisse et devenaient encore plus lourdes. Harshini Neelakantan, autrice senior de l’étude, est enthousiaste :
Bloquer le frein de la cellule graisseuse offre une nouvelle méthode ciblée pour augmenter le métabolisme de la cellule graisseuse et ainsi réduire l’ampleur du stockage de graisse. Cela permet de s’attaquer à la source du problème du surpoids et des maladies métaboliques qui y sont liées.
Certains diraient ici que trop manger, mal manger et trop peu bouger sont la source du problème, et il y a évidemment quelque chose à en dire. D’un autre côté, j’ai récemment défendu dans un article intitulé « obésité sans culpabilité » l’idée qu’atteindre ou maintenir un poids sain peut parfois être un combat injuste. Cette idée est aussi la raison pour laquelle je ne vois pas la recherche de la pilule minceur parfaite comme le vain espoir de personnes faibles et indisciplinées. Mais comme je l’indiquais déjà dans l’introduction, tu n’as pas encore besoin de sauter de ta chaise malgré l’enthousiasme de Harshini. La chercheuse poursuit en effet :
Ces premiers résultats sont encourageants et justifient de poursuivre l’étude de cette technique comme nouvelle méthode de traitement plus efficace des maladies métaboliques.
Ah, peut-être que la prochaine génération en tirera vraiment quelque chose.
Référence
- Harshini Neelakantan, Virginia Vance, Michael D. Wetzel, Hua-Yu Leo Wang, Stanton F. McHardy, Celeste C. Finnerty, Jonathan D. Hommel, Stanley J. Watowich. Selective and membrane-permeable small molecule inhibitors of nicotinamide N-methyltransferase reverse high fat diet-induced obesity in mice. Biochemical Pharmacology, 2018; 147: 141
- https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0006295217306718
- http://news.ufl.edu/archive/2012/11/the-placebo-effect-goes-beyond-humans-uf-researchers-find.html
- Lee IS, Lee B, Park HJ, Olausson H, Enck P, Chae Y. A new animal model of placebo analgesia: involvement of the dopaminergic system in reward learning. Sci Rep. 2015 Nov 25;5:17140. doi: 10.1038/srep17140. PubMed PMID: 26602173; PubMed Central PMCID: PMC4658539.
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