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FIBO Cologne

| · 24 min de lecture

Le FIBO de Cologne est le plus grand salon du fitness au monde. De la zumba au CrossFit, des compléments aux équipements, des séminaires aux bikini babes et aux bodybuilders. Pendant les 4 jours du salon, près de 100.000 visiteurs venus de plus de 90 pays s'y rendent et plus de 700 exposants sont présents.  Le FIBO 2014 est immense, et nous y étions pour en faire le compte rendu !

Compte rendu FIBO 2016 : gros muscles, gros business

Le côté commercial et financier de l'industrie du fitness et du bodybuilding m'a toujours fasciné. La créativité avec laquelle on trouve des moyens de gagner de l'argent grâce à de beaux corps, et grâce au désir des autres d'avoir ce corps eux aussi.

Avec la formule bien rodée de l'athlète inspirant qui représente un fournisseur de compléments, de vêtements ou d'équipements, des milliers de fans viennent chaque année au salon de Cologne. C'est une situation gagnant-gagnant-gagnant. Les visiteurs ont l'occasion de rencontrer en une seule journée beaucoup de leurs plus grands modèles dans le fitness et le bodybuilding. Les entreprises ont l'occasion de mettre leur produit sous les projecteurs. Les bodybuilders ont l'occasion d'accroître leur notoriété, d'apporter de la valeur à leurs sponsors et de rencontrer leurs fans. Tout le monde y gagne.

Si tu te sens appelé à émettre une note critique, il est évidemment facile de trouver de quoi frapper. Tu peux parler de tromperie, parce que les pots derrière les bodybuilders ne te transformeront pas en eux. Tu peux parler de l'effet Calimero spontané qui te tombe déjà dessus dès que tu approches du salon et que tu vois certains des autres visiteurs. Tu peux appeler cela une vulgaire foire à la viande de gens partis trop loin et qui ont perdu toute perspective.

Et là, tu passes pour un râleur, même si tu n'as pas forcément tort. Le visiteur moyen du salon comprend très bien que les pots de protéines ne fonctionnent pas comme des épinards. Et pour ce qui est de la foire à la viande : je n'ai encore jamais vu un steak être aussi fier dans son rayon. C'est tout de même une occasion de montrer ce que tu as accompli et de rencontrer les personnes qui t'apprécient pour cela. Les journées comme celles du FIBO servent justement à se retrouver entre "personnes qui pensent pareil" : des gens qui comprennent ce qui te motive dans ta quête du physique de rêve. Des gens qui comprennent que tu t'excites devant autant de pots de protéines et de créatine. Des gens qui regardent avec admiration, et non avec désapprobation, lorsqu'un nouveau mastodonte en débardeur passe devant eux.

À cet égard, il y en a pour tous les goûts. Des silhouettes physique et bikini fitness aux monstres de masse, femmes comme hommes. Même si tu ne trouves pas cela beau, il t'arrive de regarder comme si un T-rex venait de passer. Disons : "Un spectacle visuel et physique".

Indice de popularité

Le salon est aussi une sorte d'indice de popularité. Quel athlète attire le plus grand public ? Qui a les plus grands stands ? Qui remplit sa scène d'"insta-athletes" pour profiter de tous leurs abonnés ?

Je regarde donc souvent les stands moins fréquentés. Là où un athlète solitaire traîne en attendant que quelqu'un lui demande un autographe ou une photo.

Qu'est-ce qui te traverse alors l'esprit quand tu regardes de l'autre côté, où de grandes files attendent Phil Heath ou Michel Lewin ? "Est-ce que je serai encore ici l'an prochain ?" Dans quelle mesure certains sont-ils simplement plus habiles à se faire un nom ? Dans quelle mesure sont-ils aidés ou freinés par un sponsor qui reste tranquillement en retrait ou qui, toutes les heures, envoie une armée de beaux athlètes lancer des T-shirts et des samples dans le public ?

Clarence Devis

Quelqu'un qui voit son avenir sous un jour favorable à cet égard est Clarence Devis. J'avais vu Clarence pour la dernière fois lors de son apparition en guest à l'Enercup 2015. Il était alors encore en pleine prise de masse ; il est maintenant nettement plus sec après sa prestation à la Levrone Classic en Pologne, fin février cette année.

Clarence est dans le circuit depuis un moment, et les voix critiques pourraient dire que sa progression stagne quelque peu. Il évolue chez les pros depuis 2009, mais n'a terminé dans le top six de compétitions professionnelles qu'à quelques reprises. Il reste pourtant très optimiste pour l'année à venir avec son nouveau sponsor Badass.

Clarence : "J'ai récemment trouvé un nouveau sponsor, donc maintenant je peux vraiment me concentrer sur mon entraînement et ma nutrition".

Sur le plan de l'accompagnement aussi, Clarence semble sur la bonne voie depuis qu'il est suivi depuis peu par George Farah. Tu sais, le même "gourou du bodybuilding" qui accompagne Kai Greene depuis des années.

Allons-nous donc voir un nouveau Clarence cette année ? Je suis curieux !

D'ailleurs, en parlant de la Pologne. Clarence y a encore terminé à la neuvième place. Je n'ai pas pu m'empêcher de lui demander son avis sur les nouvelles catégories men's fit model et women's fitmodel qui y ont été présentées.

Clarence : "Quelle catégorie ?"

Kenneth : "Celle où les hommes portent une veste et les femmes une robe".

Clarence : "Ah oui, c'est bien pour attirer un public plus large, mais ça ressemble un peu à un concours de beauté."

Kenneth : "Rien à ajouter"

Brandon Curry

Brandon Curry évolue lui aussi depuis quelque temps déjà dans le circuit pro. Il a disputé ses premières compétitions professionnelles en 2010. Brandon aussi a du mal à percer jusqu'au tout sommet. Cela ne l'a pourtant jamais empêché d'apparaître fréquemment dans les magazines et donc de recevoir beaucoup d'attention. Brandon est à Cologne, comme tous les autres bodybuilders, pour attirer l'attention sur son sponsor.

Nous avons parlé de l'importance d'un bon sponsor. Si tu veux pouvoir te consacrer entièrement à ton alimentation et à ton entraînement, il est évidemment agréable d'être payé pour cela au lieu de devoir le combiner avec un travail à temps plein. Même si l'on voit encore assez souvent des pros obligés de combiner le bodybuilding avec un emploi, Brandon a eu plus de chance sur ce point. Il souligne d'ailleurs qu'il avait déjà un bon sponsor lorsqu'il était encore amateur.

Il était déjà sponsorisé par BSN depuis 2007. La marque a rompu son contrat après sa 16e place au Mr. Olympia 2013. Aujourd'hui, Brandon est sous contrat avec Scitech Nutrition.

Cirque

Nous souhaitons bonne chance à Brandon pour cette année, puis nous poursuivons notre chemin dans le salon des compléments et nous ouvrons grand les yeux. Nous observons les athlètes des équipes, mais aussi les visiteurs à peine vêtus qui, en se promenant avec leur physique, semblent déposer une candidature spontanée au sponsoring.

Le FIBO est un freakshow, un cirque, mais quel magnifique cirque !

Compte rendu FIBO 2014

Le fitness est une notion très vaste. Le salon est donc réparti dans plusieurs halls. Dans l'un, on trouve par exemple les derniers équipements de fitness, des appareils pour enfants, du matériel de fitness design, des appareils spécialisés pour kinésithérapeutes et des machines dont on peut se demander à quoi elles servent. Dans une autre partie, au moment où nous passons, une conférence est donnée sur l'évolution du rôle du personal trainer. Tu veux toi-même passer à l'action ? Choisis alors parmi les nombreuses activités comme la zumba, le CrossFit, le bras de fer,  le powerlifting, etc. Une fois fatigué, tu peux te détendre au stand où l'on présente des fauteuils de massage ultramodernes. Ou bien tu passes d'abord par le hall des compléments pour un shake protéiné, en faisant attention à ne pas heurter les nombreux bodybuilders et modèles fitness de toutes tailles. À condition, bien sûr, d'avoir obtenu ton billet à temps, car ils étaient épuisés depuis un moment.

Si, en tant que fan, tu veux entrevoir la vie des bodybuilders pros et les rencontrer, il faut visiter un grand salon du fitness. Nous pouvons donc nous réjouir du FIBO à Cologne, où l'industrie du fitness se montre chaque année dans toute son ampleur. Pour moi, c'était l'occasion de rencontrer le sommet du monde du bodybuilding. Des hommes comme Ronnie Coleman, huit fois Mr. Olympia, Kai Greene,  Victor Martinez, Phil Heath, Jay Cutler, Roelly Winklaar et Shawn Rhoden. Le fait que de nombreux modèles pro bikini soient présentes ne rend pas la chose moins agréable.

Le plus grand salon du fitness au monde

Le FIBO est toutefois bien plus vaste que les hommes les plus massifs et les plus belles femmes. Si, en tant que professionnel du fitness, tu veux assister à des conférences sur ton métier et les dernières tendances, ou si, comme propriétaire de salle de sport ou kinésithérapeute, tu cherches de nouveaux équipements, Cologne est ce week-end the place to be.

Hier, je suis parti pour Cologne pour le deuxième jour d'ouverture du FIBO 2014 à la "branche". Aujourd'hui et demain, il est ouvert au grand public, même si les billets sont déjà épuisés depuis un certain temps. Une limitation nécessaire des ventes, car malgré l'immense taille du centre de congrès, l'an dernier, le dernier jour avait attiré tant de monde que les pompiers et la police avaient dû canaliser la foule. Jeudi et vendredi derniers, le salon était réservé aux "professionnels du fitness", ce qui est une notion très large vu l'ampleur de l'industrie. C'était une belle occasion de visiter le salon dans un peu plus de calme. Le salon est réparti dans plusieurs halls, dont celui où, naturellement, nous étions le plus souvent.

Salon des compléments

Dans les cas où les bodybuilders professionnels peuvent vivre de leur sport, c'est en grande partie grâce aux contrats de sponsoring avec l'industrie des compléments. L'argent gagné en compétition est toujours bon à prendre, mais la publicité que tu peux offrir ainsi à un sponsor vaut souvent beaucoup plus. Une partie des "obligations" qui vont avec est la présence à des événements comme celui de Cologne, où les fans, comme au salon de la maison, font la queue pour des goodiebags gratuits (mais remplis ici de samples de protéines et de pré-workouts), et surtout pour un autographe et une photo avec leur idole. Lorsque, devant les stands des fournisseurs de compléments, de longues files apparaissent comme sorties de nulle part, tu sais qu'un grand nom vient d'arriver.

Interview : Ronnie Coleman

Le moment fort de ma visite au FIBO 2014 fut mon échange avec Ronnie Coleman, huit fois Mr. Olympia. Ronnie a disputé sa dernière compétition en 2007 et possède désormais sa propre gamme de compléments, "Ronnie's Signature Series". Avant son arrivée, l'organisation nous a présentés aux membres de l'équipe de Ronnie. Plus tard, lorsqu'une longue file s'est formée devant le stand, il était clair que Ronnie était arrivé. Grâce au contact établi plus tôt, Ronnie a pris le temps de discuter avec nous malgré la longue file.

"Être policier était une carrière, le bodybuilding est une vocation"

À ma question de savoir s'il ne ressentait jamais ce genre d'obligations comme une "corvée", il a indiqué que ce n'était pas le cas.

Ronnie : "Parfois, on a la chance de trouver sa vocation. Quand j'étais policier, je le faisais comme métier. Avec le bodybuilding, c'était différent : moi et les autres avons vu que j'avais énormément de talent pour cela, et j'ai su que j'avais trouvé ma vocation. Le bodybuilding m'a énormément apporté.

Kenneth : "Donc tu vois plutôt ta présence à des salons comme celui-ci comme un privilège"

Ronnie : "Voilà !"

Je lui ai ensuite demandé ce qu'il trouvait le plus difficile : la vie de bodybuilder ou celle d'homme d'affaires.

Ronnie : "Beaucoup de gens sont surpris quand je leur dis que j'ai un bachelor en comptabilité. Je n'ai donc pas trouvé la transition si difficile".

Pendant notre conversation, Ronnie me semble très détendu et sympathique. Je lui dis que, dans les images avec les athlètes qu'il sponsorise désormais lui-même, il me paraît aussi beaucoup plus relax que lorsqu'il concourait encore.

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Ronnie : "Haha, on me le dit souvent, mais j'ai toujours été plutôt détendu, tu sais !"

Kenneth : "Qu'est-ce que cela fait maintenant de guider, en tant que sponsor et coach, des jeunes qui ont les mêmes rêves que ceux que tu avais peut-être quand tu as commencé ?"

Ronnie : "C'est bien. De cette façon, la boucle est bouclée. J'ai beaucoup reçu du bodybuilding, et comme ça je peux redonner quelque chose"

Pendant que Ronnie dit cela, je vois par-dessus son épaule des gens attendre impatiemment leur occasion de prendre une photo avec lui. Je remercie donc Ronnie pour son temps, lui souhaite beaucoup de succès avec "Ronnie's Signature Series" et le laisse vite retourner auprès de ses fans. Mais pas avant d'avoir moi-même pris une photo avec lui, bien sûr. Yeah Buddy !

FIBO 2014 Cologne

Un salon comme le FIBO, et plus particulièrement les activités autour du salon des compléments, peut être comparé à la tournée promotionnelle d'un acteur dont le nouveau film vient de sortir. Au lieu de semer les paparazzis, il faut justement se montrer ouvert envers tous ces journalistes agaçants, au bénéfice de la promotion du film. Cela vaut aussi pour les bodybuilders professionnels qui servent de modèles à des milliers de bodybuilders dans le monde, lesquels achètent leurs DVD et accrochent leurs photos au mur.

Comme je l'ai déjà décrit dans la partie I, les bodybuilders professionnels dépendent en grande partie, voire pour la plus grande part, de contrats de sponsoring pour leurs revenus. Ce sont surtout les contrats avec les fournisseurs de compléments qui font que les bodybuilders ne dépendent pas uniquement des prize money. Pour l'industrie des compléments, il est très précieux que leurs stars ne soient pas seulement en couverture des magazines avec leur produit, mais puissent aussi être admirées en chair et en os sur les salons.

(ci-dessus : l'actuel et triple Mr. Olympia Phil Heath signe des autographes)

Dexter Jackson et Shawn Rhoden

Comme chez les acteurs pendant les conférences de presse obligatoires, on reconnaît le vrai professionnel à la manière dont il traite les fans. À cet égard, Ronnie Coleman est celui qui m'a le plus impressionné. De toutes les personnes présentes, il pourrait avoir le plus de prétentions, puisqu'il est huit fois Mr. Olympia et donc le bodybuilder le plus titré parmi les présents (seul Lee Haney a lui aussi remporté le "Sandow" huit fois). En vrai professionnel, il a pris tout le temps nécessaire pour me parler (voir partie I).

Que cela puisse aussi se passer autrement est apparu clairement avec, par exemple, Dexter Jackson (à gauche) et Shawn Rhoden (ci-dessus), pour qui cela semblait manifestement être une corvée obligatoire et avec lesquels la conversation a donc été vite expédiée. Dexter a, de ce point de vue, confirmé sa réputation, j'y étais donc préparé. J'ai écrit plusieurs fois de façon très positive sur Shawn Rhoden. Peut-être trop de gens ont-ils écrit trop positivement sur lui, car je l'ai trouvé assez arrogant. En réalité, je ne voulais pas le mentionner, puisqu'il s'agit d'un instantané et qu'on ne veut pas juger quelqu'un sur une seule rencontre. Mais comme je me demandais si j'étais le seul à avoir vécu cela, j'ai cherché rapidement sur Internet et je suis tombé sur plusieurs témoignages de personnes ayant eu la même expérience. Dommage.

J'ai donc regretté après coup d'avoir choisi d'aborder Shawn plutôt que mon modèle pro bikini préféré, India Paulino (photo à gauche). J'ai aussi trouvé dommage de ne pas lui avoir dit que sa forme à l'Arnold Classic cette année m'avait déçu (il a terminé deuxième derrière Dennis Wolf) et que Roelly l'aurait probablement battu, lui et Dennis, s'il n'avait pas dû déclarer forfait à cause d'un accident de moto.

Roelly Winklaar

Et c'était précisément le sujet de ma conversation avec Roelly "da beast" Winklaar, que j'avais croisé un peu plus tôt. Le contraste avec les attitudes de diva de certains autres n'aurait pas pu être plus grand. Cela tient en partie au fait que Roelly est, selon moi, sous-estimé, mais probablement aussi à la mentalité néerlandaise du "reste simple". Je tombe sur l'immense Roelly au moment où il vient de finir de déjeuner et se dirige vers le stand de son sponsor BSN en essayant d'enlever de la sauce renversée sur son maillot.

Lorsque je l'aborde, il semble visiblement ravi de pouvoir parler néerlandais. L'anglais n'est pas son point fort, et un reporter venu des Pays-Bas a donc rapidement un avantage. La conversation prend ainsi vite l'allure d'une discussion entre deux "potes".

J'ai parlé avec Roelly de son accident de moto et du fait qu'il avait dû manquer l'Arnold Classic à cause de cela. Dans l'annonce préalable, j'avais déjà écrit à l'époque que je lui aurais autrement donné de bonnes chances d'entrer dans le top trois, avec Dennis Wolf et Shawn Rhoden. Lorsque j'ai ensuite vu ces deux derniers sur scène dans une forme bien moins bonne que celle qu'ils avaient affichée à l'Olympia (et qu'ils ont pourtant gagné), j'ai pensé que Roelly les aurait dominés s'il avait réussi à conserver sa forme précédente. C'était donc amusant d'entendre Roelly dire exactement la même chose. Avant la compétition, il s'attendait lui aussi à une place dans le top 3, mais après les avoir vus en action, il pensait qu'il aurait gagné dans sa forme.

Compte tenu de ses blessures précédentes, j'ai été surpris de voir qu'il semblait, du moins pour ce que je pouvais observer, avoir guéri très rapidement. Sur la photo à gauche, on voit à quoi il ressemblait après son accident. Quand on voit la photo de la voiture qui a avalé sa moto, il paraît miraculeux que les blessures se soient limitées à cela et qu'il puisse déjà remarcher. On ne voyait presque plus rien des blessures, hormis quelques décolorations de la peau.

Nous avons ensuite encore parlé de ses chances de marquer suffisamment de points pour se qualifier pour le Mr. Olympia de cette année, et je lui ai souhaité beaucoup de succès.

Ed Nunn

La qualification pour le "Mr. O" était aussi le principal sujet de conversation d'Ed Nunn, que j'ai rencontré sur le stand de l'équipe S.A.N. Ed Nunn est, je pense, le pro le plus sympathique avec qui j'aie parlé. Certains diront que c'est nécessaire parce qu'il se classe moins haut en compétition, qu'il dépend davantage de son sponsor et qu'il ne peut donc pas se permettre le comportement de diva des autres. Pour ma part, je dis que les sponsors devraient tenir un peu plus compte de la manière dont leurs athlètes traitent les fans. À cet égard, beaucoup de pros pourraient prendre exemple sur Ed Nunn, qui aborde chaque fan comme un ami.

Le  système actuel de qualification par points est venu sur la table lorsque je lui ai demandé s'il était déjà qualifié pour l'Olympia. Il a indiqué que ce n'était pas encore le cas et qu'il n'était pas fan du système actuel par points. En pratique, selon Ed, cela signifie entre autres que beaucoup de gars ne participent pas à une compétition lorsqu'un favori, ou deux favoris, y sont déjà annoncés. Tu sais alors d'avance que tu as à peine une chance de marquer des points pour la qualification, et cela n'a donc pas de sens de centrer ta préparation sur cette compétition au détriment d'autres concours. En pratique, selon Ed, cela signifie pour lui (et pour les bodybuilders comme lui qui se situent juste en dehors du top 3-5) qu'il doit faire jusqu'à 8 compétitions dans l'année pour accumuler assez de points. Au moment où Mr. Olympia a lieu, tu es déjà vidé. En plus, ceux qui sont déjà qualifiés directement ou très tôt, comme les numéros 1 et 2 du dernier Olympia (Phil Heath et Kai Greene), peuvent prendre de la masse toute l'année pour devenir plus gros et n'arriver en forme de compétition qu'à l'approche de l'"O".

Victor Martinez

J'ai déjà longuement écrit sur la malchance de Victor Martinez ces dernières années. En 2009, un grand drame personnel lorsque sa sœur a été assassinée, suivi d'un drame personnel et professionnel lorsqu'il a dû passer sept mois en prison en 2011 à cause d'un visa expiré. Tu reviens tout juste d'une victoire à l'Arnold Classic Madrid, et on t'arrête à l'aéroport sur le chemin du retour parce que ton visa est désormais expiré. Résultat : sept mois derrière les barreaux, près de 30 kilos de masse musculaire perdus et son restaurant perdu. Cela fait réfléchir un instant aux conséquences de la pénalisation de l'illégalité. Certains souligneront à juste titre qu'il était en situation illégale parce que son visa n'avait pas été automatiquement prolongé en raison d'une condamnation antérieure pour trafic de stéroïdes anabolisants*. Mais cette affaire était close, et les sept mois dont il est question ici concernaient donc uniquement le fait qu'il était devenu illégal parce que son visa n'avait pas été automatiquement renouvelé.

Je dis à Victor que je suis assez impressionné par sa shape (avec Roelly, c'est lui qui m'a le plus marqué physiquement). Victor raconte qu'il lui a fallu plus de deux ans pour revenir à son ancien niveau. Il ne cache d'ailleurs pas son opinion sur le gouvernement américain et Obama.

*Donc, un ami demande en 2004 à Victor s'il veut l'aider dans sa préparation de compétition et s'il peut lui fournir des stéroïdes anabolisants pour cela. Lorsque Victor le fait ensuite, cela est "par hasard" enregistré par la police, qui se trouve "par hasard" dans les environs. Selon beaucoup, c'était un "setup". Je ne suis pas partisan des anabolisants, mais je le mentionne tout de même pour faire la distinction entre un trafiquant de drogue et quelqu'un qui pense aider une autre personne à atteindre ses objectifs et lui propose pour cela des moyens illégaux.

Markus Ruhl

Markus Ruhl est connu comme l'un des bodybuilders les plus massifs de tous les temps. En tant que l'un des meilleurs bodybuilders allemands, il était évidemment au centre de l'attention. Pourtant, sa présence appréciée par beaucoup m'a laissé un sentiment un peu triste. Il était le premier professionnel présent dans le hall et donc le premier avec qui je me suis fait prendre en photo (ce qui m'a fait me sentir très, très petit). Pour Markus, cette journée semblait surtout consacrée à encaisser autant que possible la reconnaissance gagnée dans le passé. Apparemment, je n'étais pas le seul à le ressentir ainsi, car mon collègue de FITsociety avait exactement la même impression. Quand, des heures plus tard, nous nous sommes demandé si Markus était toujours en train de vendre des autographes, il s'est avéré que c'était bien le cas.

Ce n'est pas si étrange. Le bodybuilding est impitoyable. Tu as probablement plus de chances de jouer au football pour Barcelone que de vivre du bodybuilding, alors que cela demande tellement de temps qu'il est presque impossible de le combiner avec un emploi normal. Heureusement, il y a de plus en plus d'argent qui circule dans ce sport, ce qui permet à davantage d'athlètes d'en profiter. Pour Markus, il semblait toutefois clair qu'il n'avait pas réussi à mettre ses moutons à l'abri lorsqu'il était encore actif dans le circuit de compétition. 

Conseil FIBO !

Au FIBO, j'ai aussi eu l'occasion de parler à Phil Heath, Jay Cutler (photo à gauche) et Kai Greene. Après les conversations que j'avais déjà eues et d'après ce que j'avais entendu sur Phil et Jay, j'avais l'impression d'avoir déjà eu les échanges les plus intéressants. Kai faisait exception, mais je me sentais un peu mal à l'aise à l'idée de faire attendre tous ses fans, comme avec Ronnie Coleman, pendant qu'il m'accordait une interview.

Mon conseil général pour une visite à un salon comme le FIBO est justement de ne pas chercher les bodybuilders les plus populaires. Consacre ton temps aux hommes qui travaillent souvent tout aussi dur, mais qui en voient beaucoup moins les fruits et ne sont pas assaillis par les fans. En général, ils l'apprécient bien plus que les stars et m'ont laissé une impression plus agréable. Ronnie Coleman fait ici figure d'exception : huit fois Mr. Olympia, il parvient à montrer le même enthousiasme que les bodybuilders moins connus. Mais encore faut-il réussir à l'avoir quelques instants pour soi, ce qui est tout de même beaucoup plus facile avec une accréditation presse.

Une chose est sûre : c'était à refaire !!

Impression FIBO 2014

http://youtu.be/2mU3MSKyS_4

Modèles Pro Bikini FIBO 2014

En tant que jeune homme en bonne santé, l'un des côtés attirants du FIBO est la présence des nombreuses participantes aux compétitions professionnelles Miss Bikini. L'organisation avait prévu pour FITsociety.nl que nous puissions parler avec quelques top bodybuilders et que nous puissions ensuite nous concentrer sur le reste du salon et sur les dames. Une tâche à laquelle je me sacrifiais volontiers.

Les interviews avec les athlètes IFBB pro, comme Ronnie Coleman, huit fois Mr. Olympia, notre Roelly Winklaar, Victor Martinez et d'autres, sont à retrouver plus loin sur FITsociety.nl.

Du 3 au 6 avril 2014, le plus grand salon du fitness au monde, le FIBO, ouvrait ses portes. Chaque année, l'événement devient encore plus grand. Bien sûr, nous étions présents pour en faire un compte rendu détaillé !

FIBO 2014, Fitness et Bodybuilding

FIBO signifie "Fitness und Bodybuilding". Le FIBO a été organisé pour la première fois en 1985 à Cologne comme salon destiné au secteur du fitness. Cette première année, environ 10.000 visiteurs étaient venus. Depuis, le nombre de visiteurs est passé à plus de 100.000, qui l'an dernier devaient se répartir entre 670 exposants venus de 90 pays ! L'organisation l'appelle donc fièrement "The Leading International Trade Fair for Fitness, Wellness and Health".

"Meet the Mass-monsters and bikini-beauties"

Tout comme certains vont au salon de la maison pour les goodiebags, beaucoup espèrent quitter le bâtiment avec des sacs remplis d'échantillons de compléments. Pour beaucoup, la principale raison reste toutefois de voir enfin en vrai les monstres de masse et les bikini beauties. Il y aura notamment des guest posings, de nombreux athlètes représenteront leurs sponsors et une compétition IFBB sera organisée, la FIBO POWER PRO Germany (5 avril).

Date et lieu

Du 3 au 6 avril 2014 (uniquement pour la branche)
Du 5 au 6 avril 2014 (pour la branche et les particuliers)

Tous les jours de 9:00 à 18:00

Messegelände Köln
Messeplatz 1
50679 Köln

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